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Définitions
 
 

Croisades ou guerres des Albigeois :
    Nom donné aux croisades militaires qui se déroulèrent en fait sur une région bien plus étendue que la région d'Albi: elles sévirent dans la Narbonnaise et les diocèses de Narbonne, Albi, Rodez, Cahors et Agen. Ces croisades s'étendirent de 1209à 1229.
    La première est menée par les barons du nord de la France (Île-de-France, Normandie...) vassaux de Philippe II Auguste. Ceux-ci sont dirigés par un des leurs, Simon IV de Montfort, contre le Languedoc, afin d'éradiquer l'hérésie cathare qui progresse dans les vicomtés de Carcassonne,  Albi,  Béziers et du comté de Toulouse. Cette croisade a débuté en1209, et dura quelques mois. Ils prirent Béziers et Carcassonne, qu'ils confirent à Simon .
    Puis Simon IV de Montfort continue seul la Croisade de 1209 à 1218. Durant onze ans, il guerroie avec ses fils, ses frères et quelques fidèles restés sous ses ordres. Déjà vicomte de Carcassonne depuis 1209, il devient comte de Toulouse en 1215, il confie à un de ses frères le Querzy et le Rouergue. Il ne cesse de partir en campagne pour mater les rebellions qui se soulèvent régulièrement sur ces terres. Ces dernières profitent à l'ancien comte de Toulouse, Raymond VI, qui prend Toulouse en 1217. C'est en assiégeant Toulouse pour reprendre la ville que Simon de Montfort meurt en1218.
    Entre1218 et 1224, son fils Amaury de Montfort perd toutes les terres conquises par son père au profit des anciens comtes de Toulouse, Raymond VI et son fils, futur Raymond VII . Il finit par abandonner ses droits au nouveau roi de France, Louis VIII le Lion, fils de Philippe II Auguste. Ce dernier se croise en 1226, prend le Languedoc(sauf Toulouse) au comte Raymond VII en deux mois et meurt à son retour dans le nord. Sa mort provoque l'attaque des garnisons françaises cantonnées dans le Languedoc.
    Après deux ans de guerre et d'escarmouches entre les hommes du comte de Toulouse et l'armée du roi de France Louis IX, Raymond VII signe avec Blanche de Castille, mère du jeune roi, le  traité de Meaux en 1229, ce traité termine officiellement les croisades des albigeois.
    Mais les troubles ne cesseront qu'avec l'écrasement de la rébellion de Carcassonne menée par Raymond II  Trencavel (fils du vicomte de Carcassonne dépossédé de son fief par Simon IV de Montfort en 1209) en 1240 et 1241, la victoire des français contre la coalition anglo-toulousaine en 1242et la soumission de points de résistance tels Montségur en 1244,et Quéribus en 1255, dernière forteresse rebelle au pouvoir royal.
    En fait, ces croisades étaient surtout l'occasion pour les barons et les chevaliers d'accroîtrent leurs terres dans le sud de la France, constitués de riches et puissants comtés et vicomtés. De plus, cela permettait au roi de France d'accroître son influence par le biais de ses barons (puis directement lors de la troisième croisade) sur le sud de son royaume, influence qu'il avait perdu depuis longtemps et qui était à l'époque purement symbolique. Ces croisades ont été en outre l'occasion de montrer la puissance de l'Église catholique, et d'affirmer le pouvoir et l'influence temporelle du Pape, alors en conflit avec l'Empereur (mais il faut nuancer ce point de vue).

Guerre de Cent Ans:
    Nom donné à une succession de guerres, de batailles et de pillages entre la France et l'Angleterre. Ceux-ci se déroulaient sur le royaume de France et les terres que l'Angleterre possédait en France actuelle. Ces guerres étaient intermittentes, coupées par des trêves et des paix plus ou moins longues.
    Cette guerre à été provoquée par l'accession au trône de Philippe VI de Valois , cousin du défunt roi, Charles IV le Bel (selon la loi salique en vigueur au royaume de France, ne reconnaissant que les héritiers mâles); la soeur de Charles IV le Bel, Isabelle, surnommée la "louve de France" et mariée au roi d'Angleterre, exigeait l'héritage du royaume, selon les lois anglaises incluant les héritiers des deux sexes dans les héritages de terres. Isabelle n'ayant pas été écouté par Philippe de Valois, sacré roi en1328, celle-ci déclare la guerre en 1337. Celle-ci ne se termine définitivement qu'en 1453 avec la bataille de Castillon , en Gironde:L'Angleterre ne garde sur le continent que la ville de Calais. 
  

Pour connaitre le déroulement de la bataille de Castillon , cliquez   ici
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Jubé:
    Tribune transversale élevée entre la nef et le choeur. Les jubés sont en grande partie détruits au XVIe et XVIIIe s., car ils cachaient l'autel où officiaient les prêtres et ne correspondaient plus à la liturgie de l'époque.

Pastel:
    Nommée aussi guède, cette fleur à été à l'origine de la prospérité économique du Pays de Cocagne (d'où l'expression). Traitée, elle donnait un pigment bleu utilisé pour teindre les vêtements.

Tympan:
    Espace hémicirculaire situé au-dessus du linteau d'un portail. Le tympan est dans l'art roman un lieu de prédilection de la sculpture, de par son emplacement à l'entrée de l'église, et pouvant donc ainsi être vu par tous. Le thème le plus utilisé au début du XIe s. ( Iere génération) était la représentation du Christ lors de Son Ascension, alors qu'à la même période se développait le thème de l'Apocalypse de Saint Matthieu et du Jugement dernier de Saint Jean (ce dernier sujet l'emportera finalement dans l'art gothique des tympans). Certains ont encore des restes de polychromie, comme à Conques.

Alphonse de Poitiers:
    Frère de Louis IX. A la suite du traité de  Meaux , qui termine les affrontements nommés les croisades des albigeois, il se marie à Jeanne de Toulouse, fille du comte de Toulouse Raymond VII. Par le traité de Meaux, Raymond VII, vaincu par vingt ans de guerres menées sur ses terres, s'engage à marier sa fille au frère du roi de France, Alphonse de Poitiers. Celui-ci, à la mort de Raymond VII en 1249,devient comte de Toulouse. En 1271, à la mort du comte de Toulouse Alphonse de Poitiers, le comté revient au royaume de France.

Bourg:
    Le terme est utilisé pour la première fois au IXe s.. Cette communauté urbaine se développant à proximité des châteaux(bourg castral), des églises abbatiales (bourg épiscopal)ou aux portes de villes (bourg suburbain). La ville est alors nommée cité, par opposition au bourg. Cette communauté se développe sous l'autorité d'un seigneur, laïc ou religieux, et il y existe une législation spéciale.
    Les bourgeois, terme utilisé pour la première fois au XIe s., ne sont à l'époque que de pauvres artisans, s'installant ici en espérant profiter de la richesse de la ville ou de l'église auprès desquelles ils s'installent. Ces bourgeois sont plus dépendants de leur seigneur que les autres hommes libres, et peuvent être des serfs (le servage est un statut social particulier, sans signe distinctif, à différencier de l'esclavage antique).
    Cependant, ces hommes vont s'organiser en associations, au fur et à mesure que la communauté grandit, et firent bientôt face aux seigneurs. Les termes utilisés évoluent avec le statut social des bourgeois. Ces derniers deviennent au XIIIe s. synonymes de riches habitant de la ville. De même, le terme de bourg disparaît de nombreuses petites localités et  autrefois appelées ainsi.

Trumeau:
    Partie d'un mur entre deux baies. Il définit en particulier le support qui divise en deux la baie d'un portail. Il soutient ainsi le linteau (partie supérieure et horizontale de l'encadrement du portail) par son centre, et évite ses déformations.

Prélat:
    Haut personnage ecclésiastique appartenant à l'Église catholique.

Chanoine:
   Ecclésiastique célébrant l'office dans choeur des cathédrales. Ils sont réunis en chapitre autour de l'évêque.

Choeur:
    Lieu réservé au clergé, à l'est de la croisée du transept et de la nef. Il peut être caché du regard des fidèles, situés dans la nef, par un jubé, et être cerné d'un déambulatoire
    Dans les grandes églises desservies par des chanoines ou des chantres, le choeur peut être bordé sur ses deux côtés de stalles, sièges séparés deux-à-deux par une paroi de bois (jouée)surmonté d'un accoudoir.

Déambulatoire:
   Bas-côté longeant le choeur.  On le trouve en particulier dans les églises attiraient une foule considérables de pèlerins venant vénérer les reliques que l'église possédait. C'était un dispositif (utilisé conjointement avec les bas-cotés) permettant de faire circuler les pèlerins autours de la relique sans provoquer de "bouchon" dans l'église.

Fief:
    Terre gratuite concédée à un vassal par son seigneur sous réserve de certaines obligations du vassal envers ce dernier. Il remplace progressivement le terme de bénéfice (bénéficium),utilisé jusqu'au XIIe s..
    Le changement de terme traduit une inversion dans le rapport vassal/seigneur: le seigneur ne donne plus une terre en récompense à son fidèle, mais le vassal rend hommage à son seigneur pour avoir une terre.
    Le terme de fief est flou: une terre est donnée en fief, mais cette même terre peut être aussi appelé un fief. De même, le terme de vassal est ambigu :  les termes utilisés dans les document de l'époque (IXe-XIIIe s.) sont en effet fides (fidèle),homo(homme), mais très rarement vassus (vassal): les acteurs de ces liens féodo-vassaliques préfèrent donc insister sur le statut de fidèle du seigneur adopté par le vassal lors de son hommage.
    Cet hommage est une "descendance" du commendatio mérovingien et carolingien. Lors du commendatio , le vassal s'agenouille devant son futur seigneur et se recommande (d'où commendatio) en mettant ses mains entre les siennes. Mais avec la complexification des liens féodo-vassaliques, le commendatio se modifie, et on l'appelle l'hommage: le vassal jurera fidélité à son seigneur, en lui déclarant qu'il lui obéira une main placée sur un objet sacré(généralement une relique de saint).Le seigneur, quant à lui, promet (il n'a pas à poser sa main sur une relique, et si il ne respecte pas sa promesse, il n'est pas sous le coup des lois ecclésiastiques)à ce dernier qu'il le défendra en cas de guerre et qu'il lui donnera une bonne justice.

Chevet:
   Partie du choeur  visible de l'extérieur .

Contrefort:
   Bloc de maçonnerie en saillie sur un mur, et destiné à le renforcer.

Portail:
   Le portail est une porte monumentale à l'entrée d'une église. Il fait partie intégrante de la façade, au contraire du porche, qui est toujours hors-oeuvre, c'est-à-dire que le porche se détache de la façade devant laquelle il est construit. Il peut être surmonté d'un tympan.

Clocher-porche:
    Clocher ayant pour base un porche, s'appuyant sur le mur-pignon de la façade de l'église.

Couverts:
    Ce sont les quatre galeries à arcades entourant les places carrées des bastides.

Barbacane:
    Fortification défendant l'entrée d'une ville.

Voûte d'arêtes :
  Voûte formée par l'interpénétration de deux voûtes en berceau. Elle répartie la pression de ce qu'elle supporte en quatre points qui sont les quatre colonnes qui la soutienne.

Baie géminée:
   Vides ménagés dans un mur groupés deux par deux  séparés par un support (en général une colonne, parfois deux colonnes couplées).

Arcade aveugle:
  Aussi nommée arcade simulée, on trouve celle-ci quand l'arcade ne perce pas totalement le mur dans lequel elle est construite, ou qu'elle ne donnent sur rien (des combles...).

Tribunes:
   Galeries hautes situées au-dessus des collatéraux. Particulièrement utilisées dans les construction romanes, où leurs voûtements en demi-berceaux permettaient de contre-butter la poussée des murs de la nef. Elles sont situées au-dessus des collatéraux

Collatéraux:
   Aussi nommés bas-côtés, ce sont des vaisseaux latéraux longeant la nef centrale.

Wisigoths :

    Les wisigoths sont des germains ayant établi un royaume incluant l'Espagne et la Septimanie (grosso modo l'actuel Languedoc) en 507,  après les Grandes Migrations, il s'effondre sous le coup des musulmans (berbères encadrés par des arabes) en 711.

 

Louis IV d'Outremer :

    Le père de Louis IV, Charles III le simple, de la famille des carolingiens, est battu par Robert Ier, de la famille des robertides, en 923 et le pouvoir passe aux mains de ces derniers. Le jeune Louis passe alors en Angleterre avec sa mère, ou son grand père est roi. A la mort du roi robertide Raoul (gendre de Robert Ier) en 936, Louis est fait roi sous le nom de Louis IV , d'Outremer signifiant son exil au-delà de la Manche. Il doit aussitôt surmonter une coalition d'Hugues le Blanc (un grand du royaume) qui est battue. Son autorité est rétablie avec l'aide du roi d'Allemagne et du pape, qui excommunie Hugues

    Son règne est symptomatique des luttes qui opposent les deux familles, carolingienne et robertide, depuis le couronnement d'Eude (comte de Paris, et possesseur des terres entre la Loire et la Seine, grand du royaume) en 888, après la déposition de Charles le Gros. Le nouveau roi n'est cependant pas plus puissant que son prédécesseur, et son pouvoir est limité au nord de la Loire, où les autres grands du royaume s'opposent à lui.

    Depuis cette date, les carolingiens sont uniquement des pantins utilisés par les autres grandes familles du royaume, afin de ralentir l'ascension des robertides, comme les rois mérovingiens avaient été utilisés pour empêcher la prise de pouvoir des carolingiens aux VIIe et VIIIe siècles (le prestige des vieilles familles, mérovingienne et carolingienne, à leurs siècles respectifs, d'origine "divine", est un pouvoir que l'on ne pouvait négliger à l'époque : Eude s'en aperçoit et laisse à sa mort le royaume à Charles III le simple, au lieu de le laisser à son frère Robert Ier, qui le prend tout de même en 923 avant de mourir la même année).

 

Immunité :

   Principe selon lequel l'abbaye n'a de compte à rendre qu'au roi et au comte en personne (et non à ses envoyés). Ainsi l'abbé pouvait rendre justice et lever les impôt lui-même. Ce pouvoir permettait au roi d'avoir un contre-poids face au comte au niveau local. En effet, les carolingiens se sont toujours basés sur les abbayes et les évêchés pour assurer leur pouvoir. Au XIe et Xe siècles, le roi va donc tout naturellement accorder l'immunité aux abbayes qui le soutiennent. Mais les abbés font en majorité parti de grandes familles aristocrates de l'ex-empire, et lorsque certains comtes se soulèvent contre le roi, leurs cousins abbés peuvent aussi prendre les armes ou faire pression sur le roi.

   Mais ce système va encore plus couper les paysans de l'abbaye, formant un Etat dans l'Etat, encore plus qu'avec les comtés, ou il reste toujours une hiérarchie plus ou moins lâche, créé par les liens féodo-vassaliques.

 

Triforium :

   Le triforium est une étroite galerie de circulation entre les grandes arcades et les fenêtres hautes.  Il se trouve donc au-dessus des bas cotés et donne sur le vaisseau central par des baies.  Les premiers apparaissent dans les années 1170-1180, les tribunes disparaissant au profit du triforium. Le triforium est une sorte de coursière, mis à part qu’il n’est pas dans les parties supérieures de l’édifice, mais au-dessus des grandes arcades.  C'est en cela qu'il se différencie des tribunes, plus larges. Il est initialement aveugle, puis devient vitré. Au tout début l’art gothique construit des églises à quatre niveaux d’élévation, comprenant des grandes arcades, des tribunes, un triforium et des fenêtres hautes. Ensuite, les tribunes disparaissent, pour ne laisser que trois niveaux.